Ce moment où…

Tout à l’heure, il y a eu ce moment où j’étais en train de préparer le goûter et où j’ai entendu, venant du premier étage, la voix de Coquillette. « Tout coupé Maman ! »

Deux secondes plus tard (le temps que mon cerveau comprenne le sens que pouvait avoir cette information), je grimpais quatre à quatre les escaliers.

Pendant les quelques secondes avant que je ne trouve ma fille, j’ai repensé à tous ces articles que j’avais lus sur des blogs, notamment celui de Marjoliemaman, où des mamans racontaient comment elles avaient découvert leur enfant sans frange, ou sans cheveux, les ciseaux à la main. Je me suis souvenue à quel point ces articles m’avaient fait rire et je me suis dit : « tu vois ? c’est le karma ! » Et au même moment, je ne pouvais m’empêcher de sourire à nouveau à la pensée de ces enfants tout penauds sans leurs cheveux.

C’est là que je l’ai vue, toute fière, en haut de l’escalier, en train de tirer sur une de ses jolies mèches bouclées, les ciseaux à ongles pour bébé à la main. Et de lancer, un grand sourire aux lèvres : « regarde Maman, tout coupé les cheveux !

J’ai volé plus que je n’ai couru jusqu’à elle pour lui arracher les ciseaux des mains, repérant au passage quelques bouclettes tombées sur le sol, mais sans oser constater les dégâts directement dans sa chevelure… qui se sont finalement révélés sans gravité, ouf !

Il y a bien une mèche un peu raccourcie au-dessus de son front, mais il faut le savoir pour le voir. Là où on a eu de la chance, c’est qu’elle ait trouvé les ciseaux à ongles et pas mes ciseaux de couture…

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La diversification menée par l’enfant ou comment éduquer bébé au vrai goût des aliments

Quand j’ai voulu commencer la diversification avec Crapulette, je me suis heurtée à un bébé refusant catégoriquement la cuillère, que ce soit pour de la purée de légumes ou de la compote de fruits. J’avais entendu parler de la diversification menée par l’enfant (DME) où au lieu de mixer les aliments, on place des morceaux devant bébé pour qu’il choisisse lui-même ce qu’il veut goûter, qu’il s’en empare et le mette seul dans sa bouche. Malgré les avis positifs sur cette méthode venue des pays nordiques (ce n’est pas une surprise, ils sont toujours en avance en ce qui concerne l’éducation), j’avais de grosses réserves à cause de l’éventualité d’un étouffement.

J’ai donc demandé conseil, comme toujours quand j’ai un doute, à marraine la fée ! Pour ceux qui ne me suivaient pas sur mon ancien blog, il s’agit de la marraine de Coquillette, une jeune puéricultrice passionnée notamment par le sujet de l’allaitement et toujours de très bon conseil, qui m’a souvent bien aidée ! Elle venait justement de suivre une formation où la DME était évoquée et m’a rassurée. Evidemment, on ne laisse pas l’enfant sans surveillance pendant qu’il mange, le risque zéro n’existe pas ! Mais en réalité, le fait que l’enfant porte lui-même l’aliment à sa bouche rend l’étouffement très improbable puisque le processus d’alimentation est complet : on se saisit du morceau, on le porte à la bouche, on le mâche ou quelque chose qui y ressemble, et on l’avale. Et si le morceau gêne, la langue le renvoie aussitôt vers l’avant de la bouche où il est expulsé. Je peux vous garantir que JAMAIS Crapulette ne s’est étouffée avec un morceau de nourriture alors qu’au contraire, avec sa sœur pour laquelle nous avons suivi le schéma traditionnel de diversification, nous avons eu de gros problèmes au moment d’introduire les morceaux. Noyés dans la purée, ils arrivaient à sa bouche par le biais d’une cuillère et la prenaient par surprise, lui provoquant systématiquement des hauts le cœur. Elle vomissait à moitié, se faisait une frayeur et refusait ensuite d’ouvrir la bouche, c’était une vraie galère…

En revanche, je vais être claire tout de suite : si vous voulez tenter l’expérience de la DME, sachez que votre bébé en mettra PARTOUT. Au début tout ressort de la bouche, la main n’est pas encore très habile et en laisse tomber beaucoup, alors quand ce sont des morceaux, passe encore, il suffit de ramasser, mais je vous laisse imaginer le carnage quand on sort les petits suisses ! Et oui, avec la DME, les bébés sont libres de manger TOUT par eux-mêmes (enfin tout ce qui est conseillé à leur âge évidemment). Autant dire que le bavoir n’a même plus d’utilité parce qu’il y en a absolument partout, dans les cheveux, sur l’ensemble des vêtements (de bébé bien sûr, mais aussi des vôtres, et ça vaut aussi pour les cheveux)… Mieux vaut prévoir une chaise haute qui se lave facilement, d’un coup d’éponge, et je vous souhaite d’avoir des murs lessivables ! On a parfois un peu honte quand on sort, aussi… Bon, là, je vous fais peur, mais personnellement j’ai adoré la DME, malgré cet inconvénient.

Pour un inconvénient, il y a d’innombrables avantages à choisir cette méthode au moment de la diversification. D’abord, c’est beaucoup plus simple pour préparer les repas : il suffit de cuire les morceaux de fruits et légumes à la vapeur et voilà c’est prêt. Assez vite on peut aussi donner du cru à bébé, notamment en ce qui concerne les fruits. Bébé peut même manger la même chose que vous, en fonction de votre repas. Quand j’ai commencé à donner des pâtes à Coquillette, je me cassais la tête à couper, justement, des coquillettes en quatre pour les mélanger à sa purée de légumes. Avec Crapulette il me suffit de lui mettre des macaronis sur sa tablette de chaise haute et le tour est joué. Deuxième avantage, et non des moindres, le moment des repas devient un plaisir pour les bébés qui refusaient la cuillère auparavant, comme c’était le cas de Crapulette. L’heure des repas était devenue un moment de stress, je n’arrivais pas à lui faire avaler quoi que ce soit et tout le monde s’énervait inutilement. Avec la DME, tout a soudain été beaucoup plus cool, Crapulette trouvant beaucoup de plaisir à découvrir la nourriture par elle-même, sous une forme plus brute. Troisième avantage, mais qui peut aussi être obtenu avec la diversification traditionnelle si on fait des plats « maison », bébé est parfaitement éduqué aux goûts et aux saveurs. Quand Crapulette avait 14 mois environ, nous sommes allés dans une crêperie et voulait absolument goûter ce qu’il y avait dans nos assiettes. J’ai fini par lui donner un morceau de citron, m’attendant à une grimace, et bien non ! « Encore ! » est tout ce que j’ai obtenu ! Elle mange de tout avec plaisir même si, par périodes, elle mange moins et rechigne plus, ce que j’ai aussi observé avec sa grande sœur et que j’aurais tendance à associer aux poussées dentaires, donc pas de panique si ça vous arrive aussi !

On pourrait penser que ce n’est pas bien de laisser bébé manger avec ses mains, qu’on lui donne de mauvaises habitudes, mais pas du tout ! En grandissant il voudra faire comme ses parents, comme ses frères et soeurs, et la fourchette sera adoptée sans difficulté. C’est ce que j’avais lu et je le vérifie en ce moment. Crapulette est capable de manger tout son yaourt seule avec sa cuillère (à même pas 17 mois, ce n’est pas mal je trouve !), et même si elle a encore du mal à s’en servir, elle râle si je ne lui donne pas de fourchette avec son assiette. Et, ô joie !, elle mange de plus en plus proprement, je ramasse de moins en moins de nourriture par terre, et j’ai de moins en moins de nettoyage à faire à chaque fois.

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Sachez également que ce n’est pas parce que vous optez pour la DME que vous ne pouvez pas donner de la compote ou de la purée à votre bébé de temps en temps, s’il accepte la cuillère. Et s’il ne l’accepte pas, cela changera sûrement rapidement, lorsqu’il aura compris que manger peut être un plaisir et qu’il aura furieusement envie de découvrir le goût de ce qui se trouve dans la cuillère !

Et chez vous, comment s’est passée la diversification ?

PS : En plus, c’est bien plus facile de faire de l’artfood (même basique) avec de vrais aliments qu’avec de la purée !

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EducationS bienveillanteS

Je me suis rendu compte après coup qu’en présentant mon nouveau blog, j’avais annoncé que j’allais parler d’éducation bienveillante. Un bien grand mot qui fait un peu sectaire et effrayant pour désigner, finalement, quelque chose d’assez naturel. Je m’explique.

Après la naissance de mes filles, j’ai passé beaucoup de temps à lire des blogs, de tous horizons. J’ai adoré ça parce que ça m’a permis d’avoir des tas de regards sur la maternité, mais aussi de me rassurer et de m’aider sur de nombreuses choses. Et puis j’ai commencé à voir des mots un peu étranges apparaître : éducation bienveillante, parentalité positive, maternage proximal. Curieuse, je me suis demandée ce qui se cachait derrière ces expressions et… je suis entrée dans la dimension des « parents parfaits ». Avant que quiconque s’emporte, je précise que cette expression est ironique, mais pas méchamment.

Tout d’abord, j’ai trouvé très intéressant ce qui se disait sur ces blogs, et je m’en suis beaucoup inspirée. Connaissez-vous par exemple le principe de la consigne positive ? Cette méthode suggère de ne pas utiliser le non et les formules négatives mais de les transformer en formules positives. Exemple : Crapulette adore me pincer les joues,si je lui dis « non arrête », elle s’en fiche complètement, alors que si je lui dis « il faut faire tout doux », elle transforme son geste désagréable en caresse. J’ai appris des tas d’astuces pour éviter les situations de crises, même si tout n’est pas toujours à prendre au pied de la lettre.

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(J’ai tout essayé !, Isabelle Filliozat, aux éditions Poche Marabout)

Mais au bout d’un moment, je me suis aperçu que certains blogs étaient plus culpabilisants qu’autre chose en prônant une image du « parent parfait« . Alors que, soyons honnêtes, même en étant d’accord avec tous les principes de l’éducation bienveillante, nous avons tous des moments où l’on craque, où l’on crie, où l’on dépasse les limites qu’on s’était fixées (attention je ne suis pas en train dire qu’il y a des excuses au fait de sortir une batte de base-ball parce que son enfant a fait une bêtise). Et si comme moi, on n’est pas en contact avec d’autres parents que ces parents soi-disant « parfaits » mais qu’on ne connaît finalement qu’à travers leurs écrits, on finit par croire qu’on est une mauvaise mère parce qu’on manque de patience, et on imagine déjà nos enfants comme étant les plus malheureux du monde (j’exagère à peine le tableau).

Depuis que Coquillette est entrée à l’école, je vois chaque jour de vrais parents normaux. Ils sont de bons parents, ce sont des personnes intelligentes avec qui j’ai plaisir à discuter quand je les croise, et surtout ils aiment leurs enfants, ça se voit comme le nez au milieu de la figure et pourtant… il ne se passe pas un jour sans que j’entende un enfant se faire gronder, sans voir un parent se mettre en colère ou menacer son enfant de punition. Ce qui est une hérésie en matière d’éducation bienveillante… Sauf que tous ces gens, ils sont bienveillants aussi envers leurs enfants, tout comme je suis bienveillante envers mes filles même si je crie parfois, que je punis, que je m’impatiente.

L’éducation bienveillante, je la considère donc comme un ensemble de principes qui peuvent nous aider à résoudre dans le calme certaines situations du quotidien. Mais ces principes vont devoir cohabiter avec les différentes personnalités de chacun, parents comme enfants, et c’est pourquoi selon moi il n’existe pas UNE éducation bienveillante mais DES éducationS bienveillanteS.

Donc sachez que sur ce blog, quand je vous parlerai d’éducation bienveillante, je n’essaierai pas de prôner un modèle parental parfait et cliché, mais simplement de partager une astuce qui m’a aidée à me sortir d’une situation « de crise » au lieu d’entrer dans une spirale infernale. Ces astuces sont évidemment à adapter à chaque enfant et à chaque parent…

« Un Ca, un Ca ! »

Ajoutez à cette petite phrase quelques sanglots et visualisez un bébé qui arrive vers vous en tendant les bras, les larmes aux yeux. Vous l’aurez compris, « un ca » veut dire en fait un câlin, ce que Crapulette, 16 mois, me réclame environ 300 fois par jour. Ils sont adorables, ses câlins (enfin sauf quand elle décidé de m’arracher la moitié du visage parce que c’est trop rigolo). Elle passe ses bras au-dessus de mes épaules et blottit sa tête dans le creux de mon cou, de temps en temps elle lève le tête, me regarde en rigolant, me fait un bisou, puis repose sa tête. Quoi de plus mignon me direz-vous, sauf qu’à la longue c’est lassant : parce qu’on a besoin de nos deux bras pour faire quelque chose mais qu’elle refuse de descendre, parce qu’on a besoin de se concentrer pour un mail important ou un appel téléphonique ou tout simplement parce qu’on a mal aux bras ! En avoir marre de faire des câlins à sa fille, ça vous semble peut-être horrible et pourtant parfois, oui j’en ai assez, j’ai envie de m’asseoir tranquillement (oui parce que les câlins assis ça ne lui va pas non plus, on doit être debout…) et de faire autre chose que des câlins.

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Et puis j’ai repensé à ce très bel article que j’avais lu et que je vous encourage vivement à lire aussi d’ailleurs et je me suis dit qu’aussi pénible que ce soit de ne pas pouvoir faire ce qu’on veut comme on veut quand on veut, c’était peut-être après tout simplement le moment de faire le plein de câlins. Coquillette n’a que 17 mois de plus que sa soeur mais la période des câlins permanents est déjà loin derrière elle, et ça ne va sûrement pas aller en s’arrangeant ! Une fois passée la tendre enfance, les câlins à Maman, c’est ringard. J’ai beau chercher, je ne me souviens pas de la dernière fois que ma mère m’a portée dans ses bras pour un câlin (bon en même temps ce n’est peut-être pas plus mal, ça fait un moment que j’ai dépassé le poids et le format tolérables pour ce genre de choses !).

Alors je vais lui donner tous les câlins que je peux, et je vais profiter de chacun d’entre eux, en essayant d’oublier ce que j’ai de si important à faire pour me concentrer sur l’essentiel : sa petite main qui serre mon cou, ses cheveux qui me chatouillent l’oreille, sa respiration tranquille quand elle est contre moi, jusqu’au poids de son corps qui pèse sur mes bras. Je vais essayer de stocker ces instants de bonheur, de garder chaque petit détail en mémoire pour pouvoir m’en souvenir quand j’en aurai envie ou besoin. Ces câlins sont éphémères, mais j’espère pouvoir rendre leur souvenir éternel.

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Pourquoi le bio ?

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Souvent, les gens sont assez sceptiques quand je leur parle de mon attachement au bio. Certains ne voient là qu’un argument marketing, d’autres pensent que les aliments bio sont réservés à une élite à cause de leur prix. Je commence par rassurer tout le monde, je ne fais certainement pas partie d’une élite. Je suis en congé parental et mon mari, malgré un bon travail qui lui plaît, ne gagne que modestement sa vie. Nous avons les mêmes charges que tout le monde mais malgré tout, nos deux filles mangent exclusivement bio et nous, de plus en plus. Quant à l’hypothèse du piège marketing, suffisamment d’études ont a présent démontré que le bio faisait une différence sur la quantité de pesticides retrouvée dans l’urine des enfants par exemple. Et quant aux effets des pesticides… à chacun de juger en fonction de ses lectures, connaissances, etc… mais pour moi ils évoquent les cancers, problèmes de stérilité, et maladies diverses telles que Parkinson. Inutile de dire que si c’est en mon pouvoir, je souhaite de tout mon coeur épargner cela à mes filles.

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Quand il a fallu passer au lait de croissance pour Coquillette et attaquer la diversification, la question s’est à peine posée. Je voulais le meilleur et en choisissant des produits issus de l’agriculture classique, j’aurais eu l’impression d’empoisonner sciemment mon bébé. A force d’acheter des produits bio pour elle, nous avons commencé à en consommer pour nous, inévitablement. Au fil du temps, nous nous sommes rendu compte que l’offre de produits bio était très variée et tout à fait accessibles à notre petit budget, notamment grâce aux marques bio de la grande distribution. Bien sûr c’est souvent un poil plus cher (je précise « souvent » car ce n’est pas toujours le cas, loin de là), mais parallèlement, nous avons aussi changé nos habitudes de consommation. Nous avons commencé par moins de viande par exemple, mais nous la prenions toujours de très bonne qualité. Maintenant le problème ne se pose plus : nous n’en mangeons plus du tout depuis 3 mois. Nous privilégions aussi le fait-maison, et nous faisons attention à ne pas gaspiller la nourriture. Les restes ne finissent pas à la poubelle, avant de remplir le frigo, on le vide, et avant de faire les courses, nous faisons une liste précise pour n’acheter que ce que nous allons vraiment utiliser.

Le bio, c’est aussi souvent des produits aux qualités nutritionnelles préservées et parfois des produits originaux qui nous permettent de sortir des sentiers battus en cuisine. Il en va de même pour les produits pour les bébés. Quand j’achète des purées ou compotes déjà prêtes, je ne jure que par trois marques : Hipp, Good Goût et Babybio.  Alors oui, ils sont plus chers, mais je n’en utilise qu’occasionnellement, privilégiant le fait-maison, comme je l’ai déjà mentionné.

De ma cuisine, le bio s’est peu à peu répandu dans ma salle de bain. La mention bio se retrouve sur la plupart des produits d’hygiène ou cosmétiques que nous utilisons. Là encore, c’est plus cher, mais l’équilibre se trouve dans la modération : je ne suis pas très branchée maquillage ni cosmétiques en tout genre, je suis donc loin d’être ruinée.

J’aimerais vraiment que le bio puisse à présent migrer vers nos armoires, pour nous mais aussi pour la planète car la culture du coton serait la plus polluante (voir cet article). Je voudrais aussi me dire que les vêtements que nous portons ont été fabriqués par des personnes travaillant dans de bonnes conditions. Malheureusement, c’est là que notre compte en banque dit stop, les marques textiles bio et équitables étant généralement BEAUCOUP plus chères que celles que nous achetons généralement… Je le regrette mais c’est normal, la qualité se paye là aussi et quand on voit les écarts de prix, ça ne rassure pas sur l’origine de ce que nous portons.

Et vous, le bio, à quel point est-ce important pour vous ?